Bien qu'il ne soit pas rare, ce patronyme italien reste aujourd'hui assez peu répandu dans la péninsule italienne et a fortiori en Europe. On compte seulement 120 foyers "Basciano" dans toute la péninsule italienne, ce qui porte très certainement le nombre maximal de "Basciano" à moins de 400. Les régions les plus représentées sont par ordre décroissant, la Sicile (40 foyers en 2008, surtout dans la région de Trapani), la Campanie (30 foyers, région de Naples) et les Abruzzes (30 foyers également).
Ce patronyme est aujourd'hui aussi présent dans les pays d'émigration italienne, au premier rang desquels on compte traditionnellement les États-Unis (au moins 328 foyers), le Canada, la Tunisie, la France... Ce nom d'homme latin est attesté sous sa forme latine, bascianus ou encore bassianus depuis plus de deux millénaires. La forme en -scia- qui n'existe pas en latin classique (son "cha" en italien) est la retranscription écrite d'une prononciation palatalisée de -ssia-.
Cependant, comme de nombreux noms de famille européens, il peut aussi s'agir d'un toponyme.
I. Bascianus, Bassianus, nom d'homme historique ou mythologique...
Bassianus, Empereur Romain (connu sous le nom de Caracalla).
Le fils aîné de Septime Sévère, né le 4 avril 188, à Lyon (Lugdunum) portera le nom de Bassianus, son grand-père maternel. Il recevra le nom de Marcus Aurelius Antoninus lorsque son père se fera désigner fils adoptif de Marc-Aurèle. Le sobriquet de Caracalla, qui le suivra dans l'histoire, lui sera attribué par ses biographes en référence au manteau gaulois à capuche qu'il portait fréquemment. Il accède au trône à la mort de son père en même temps que son frère cadet, Geta.
Le souverain disparu avait manifesté sur son lit de mort le désir de voir ses deux fils, qui se haïssaient, gouverner ensemble. Caracalla égorgera son frère malgré l'intervention de sa mère et fera tuer tous les membres de son entourage. Il supprimera toutes les références du règne de son frère dans les registres officiels et fera marteler les inscriptions le concernant sur les monuments. Il fera supprimer plus tard sa jeune épouse qui portait ombrage à sa mère. Caracalla régnera seul pendant six ans et passera le plus clair de son temps à la tête de ses troupes qui l'admiraient.
L'historien grec Hérodien, un contemporain de l'empereur, écrira « ...les troupes l'aimaient comme un bon soldat et s'émerveillaient de sa vaillance. Et de fait, on pouvait admirer qu'un homme de si petite taille manifestât tant d'endurance dans des tâches si lourdes et pénibles ». Le souverain, d'une grande cruauté, renforcera les défenses du Rhin en Gaule en 213 puis la frontière du Danube dans les Balkans l'année suivante. Il partira ensuite en Orient dans l'espoir de rétablir l'empire d'Alexandre le Grand et réprime dans un bain de sang une manifestation hostile à Alexandrie. L'historien grec Hérodien écrira alors : "les flots de sang, traversant l'esplanade, allèrent rougir l'embouchure, pourtant très vaste, du Nil".
Caracalla, qui venait d'obtenir d'Artaban, le roi des Parthes, la main de sa fille, se rendra en Mésopotamie à la tête de son armée pour célébrer les noces impériales et ordonnera le massacre de la population réunie à Ctésiphon pour les réjouissances. Le roi parthe, qui parviendra à s'échapper de justesse, sera vengé par le préfet du Prétoire Macrin qui ordonnera l'assassinat de l'empereur le 8 avril 217. Le cruel Caracalla laissera derrière lui plusieurs monuments célèbres, notamment les somptueux thermes à Rome qui portent toujours son nom. Il fera également publier en 212 la Constitution antonine, un édit qui accordait la citoyenneté romaine à tous les habitants de l'Empire. Cette mesure devait permettre de généraliser la perception de l'impôt.
Bassianus, Empereur Romain (connu sous le nom de Elagabale ou Héliogabale).
Né vers 204, Élagabal s'appelait en réalité Varius Avitus Bassianus. Son arrière grand-père maternel Julius Bassianus, qui était aussi le beau-père de l'empereur Septime Sévère et prince de la ville syrienne d'Émèse (aujourd'hui Homs), lui avait légué les fonctions de grand prêtre du Dieu solaire El Gabal, ou Héliogabale, vénéré dans sa ville... Ce qui explique le sobriquet malveillant que donneront plus tard à cet empereur des historiens latins forts critiques (c'est le moins qu'on puisse dire) à son égard. Notre Varius Élagabal était donc à la fois prince syrien, citoyen romain, prêtre du Soleil et petit cousin de Caracalla.
Après le meurtre de cet empereur (8 avril 217), toutes les femmes de la branche syrienne de la famille impériale, chassées de Rome, se replièrent dans leur fief d'Émèse. Il y avait là Julia Moesa, grand-mère d'Élagabal, Julia Soaemia, sa mère et Julia Mammaea, sa tante et mère du futur empereur Alexandre Sévère. Et toutes de comploter à qui mieux mieux contre Macrin, l'assassin présumé et successeur de leur bon parent Caracalla.
Bassianus, Julius
Julius Bassianus est un prêtre du dieu soleil Hélagabale, de la ville d'Emèse située sur les bords du fleuve Oronte, très bien placée sur la route qui passe par Palmyre, pour se rendre en Méditerranée et dans l'empire romain.
Les dates du sacerdoce de Julius Bassianus ne sont pas connues, il était déjà grand prêtre en 182 quand le Légat de la IVème légion (scythique) Septime Sévère vint visiter la cité. Bassianus lui présenta ses deux filles, l'ainée s'appellait Julia Maesa mariée au noble syrien Julius Avitus Alexianus qui faisait ses débuts comme membre de l'ordre équestre, son autre fille, Julia Domna n'était pas mariée. Par la suite en 187 elle épouse Septime Sévère qui, féru d'astrologie, avait consulté les horoscopes des jeunes filles nobles de l'empire et avait remarqué que l'horoscope de Julia Domna, disait qu'elle épouserait un roi.
Julius Bassianus est probablement mort vers 217. En effet, à cette date le jeune Varius Avitus Bassianus plus connu sous le nom d'Héliogabale, qui n'était autre que son arrière petit-fils prend le sacerdoce à sa place.
Bassianus, Joannes. Italian jurist of the 12th century
Little is known of his origin, but he is said by his jurist contemporary Carolus de Tocco (Carlo di Tocco) to have been a native of Cremona. He was a professor in the law school of Bologna, the pupil of Bulgarus, and the master of Azo. The most important of his writings which have been preserved in his Summary on the Authentica, which Savigny regarded as one of the most precious works of the Glossators.
Joannes, as he is generally termed, was remarkable for his talent in inventing ingenious forms for explaining his ideas with greater precision, and perhaps his most celebrated work is his "Law-Tree," which he entitled Arbor Arborum, and which has been the subject of numerous commentaries. The work presents a tree, upon the branches of which the various kinds of actions are arranged after the manner of fruit. The civil actions, or actiones stricti juris, being forty-eight in number, are arranged on one side, whilst the equitable or praetorian ' actions, in number one hundred and twenty-one, are arranged on the other side.
A further scientific division of actions was made by him under twelve heads, and by an ingenious system of notation the student was enabled to class at once each of the civil or praetorian actions, as the case might be, under its proper head in the scientific division. By the side of the tree a few glosses were added by Joannes to explain and justify his classification. His Lectures on the Pandects and the Code, which were collected by his pupil Nicolaus Furiosus, have unfortunately perished.
Bassianus, Roi des Bretons insulaires, selon Geoffroy de Monmouth (dans « Les Rois de Bretagne »).
Tout le monde connaît Arthur, Roi légendaire des Bretons, fils d'Uther Pendragon, personnage central de la Matière de Bretagne... peu de monde sait en revanche que certains de ses prédécesseurs au trône de Bretagne étaient d'ascendance romaine, tout comme Guenièvre...
Selon Geoffroy de Monmouth figurait ainsi parmi ces premiers rois légendaires, Bassianus, fils du Roi Sévère et demi frère de Geta. Il eu la faveur des Bretons en raison de son ascendance maternelle bretonne et accéda ainsi au trône de Bretagne...
Ce personnage mythologique est bien sûr inspiré du Caracalla romain.
Bassianus Landus (connu également sous l'orthographe Bascianus Landus et Basciano Landi), médecin et philosophe italien du moyen âge.
Bassianus (connu également sous l'orthographe Bascianus dans la toute première édition du XVIème siècle), personnage de Shakespeare, dans « Titus Andronicus », pièce de théâtre parue en 1593.
Titus est un général romain vaillant et héroïque. Ayant combattu les Goths, il revient en triomphe à Rome avec des prisonniers, dont la reine des Goths, Tamara, et ses trois fils. Prétextant qu'il obéit aux lois de sa religion, Titus offre un des fils de Tamara en sacrifice.
Saturnius qui vient d'être nommé empereur et Bassianus, son frère, veulent tous les deux épouser Lavinia, la fille de Titus. Mais Saturnius y renonce et épouse Tamara qui, elle, jure de se venger de Titus pour la mort de son fils.
Les fils de Tamara tuent Bassianus et mutilent gravement Lavinia. Puis on demande une rançon à Titus pour sauver la vie de ses propres fils accusés faussement du meurtre de Bassianus. Titus accepte de se faire couper la main.
Mais il est trompé. On lui rapporte sa main et la tête de ses deux fils sur un plateau. Titus va à son tour se venger de tous ceux qui l'ont trahi. Les ennemis s'entre-déchirent et meurent tragiquement. Lucius, le seul fils de Titus qui survit à ces massacres, est nommé empereur.
Commentaire :
Au travers de la vie de Lucius, petit-fils de Titus, c'est l'histoire de l'humanité depuis le début des temps, au travers de la violence, des guerre, les meutres d'honneur, les viols...
Aelius Bassianus Proconsul d'Afrique sous Septime Sévère. Plus tard préfet de Bayern, une stèle à la gloire de la déesse Epona cite son nom.

Saint Bassianus, San Bassiano Saint Patron de Lodi, né à Syracuse en Sicile.
Saint Bassianus (ca. 320-ca. 409) is the patron saint of Lodi, Italy. Born in Syracuse to Sergius, prefect of the city, Bassianus was sent to Rome in order to complete his studies. There, he was converted to Christianity by a clergyman named Jordan (Giordano).
Bassianus' father, who wanted his son to apostatize, asked him to return to Syracuse. Bassianus refused and fled to Ravenna. When the bishop of Lodi died around 373, Bassianus was asked to succeed him. He built a church dedicated to the Apostles, consecrating it in 381 in the presence of Saint Ambrose and Saint Felix of Como. In 381, he participated in the Council of Aquileia and perhaps may have participated in the Council of Milan (390), in which Jovinian was condemned.
Bassianus' signature is found together with Ambrose's in a letter sent to Pope Siricius. In 397, Bassianus was present at the funeral of his friend Ambrose. Bassianus died in 409, perhaps on February 19, his feast day.
Bassianus, Bishop of Ephesus (444-448).
As a priest of Ephesus, he was reportedly very popular, and his bishop, Memnon, aroused to jealousy, sought his removal by promoting him to the Bishopric of Evaza. Bassianus repudiated the consecration to which he was violently forced to submit, an attitude approved by Memnon's successor, Basil. On the latter's death (444) Bassianus succeeded him and though popular enthusiasm disregarded canonical procedure his election was confirmed by Theodosius II and reluctantly by Archbishop Proclus of Constantinople. Bassianus reigned undisturbed for four years. At the Easter celebration in 448 he was seized by a mob and imprisoned. The emperor was importuned to remove him, and the case was referred to Pope Leo I and the Bishops of Constantinople, Alexandria, and Antioch, who declared the election invalid. Stephen, whom Bassianus called the ringleader of his opponents, was elected in his stead. The Council of Chalcedon, on 29 October, 451, considered the plea of Bassianus for reinstatement and was disposed to favour him, but owing to the complex irregularities of the case it was deemed advisable to declare the see vacant. Bassianus and Stephen were retired on a pension with episcopal dignity. During the process Stephen cited Pope Leo's letter deposing Bassianus, a document which has been lost.
Bassianus, Senator
Bassianus was the Roman husband of Anastasia, daughter of Flavia Maximiana Theodora. He was destined for the rank of Caesar of Italy.
While negotiations were pending with Licinius respecting the ratification of this arrangement, it was discovered that Licinius and Bassianus had been plotting against Constantine I. Constantine subsequently executed Bassianus.
II. Basciano, toponyme
Comme de nombreux noms de famille européens, Basciano est aussi un toponyme : était ainsi dénommé Basciano, celui qui était originaire ou natif de ce même lieu. La petite ville de Basciano, située dans la province italienne de Teramo, est ainsi probablement le lieu auquel il se réfère; sans que celà ne soit pour autant exclusif; cette ville se situe non loin de la mer adriatique, au nord-est de Rome.
L'étymologie de ce nom de lieu proviendrait du nom d'homme romain Bassus, Bassius ou encore Bascius, assez répandu au premier millénaire et du suffixe latin -anum aussi fréquemment exploité à l'époque gallo-romaine pour forger des toponymes. Ainsi Bassianum ou Bascianum signifie simplement le Domaine de Bassius. Bassius peut être également rapproché du latin bassus signifiant petit, aujourd'hui basso en italien; ce mot ayant aussi donné bas en français, dont la sémantique reste très proche.
La variation ssi/sci est caractéristique de l'évolution des dialectes italiens au moyen âge, le latin ssi ayant fait place peu à peu à l'italien sci, dans les cas précis où la prononciation se fait avec chuintement. Cette évolution orthographique ne fût en rien systématique, elle dépendra des multiples dialectes et parlers issus du latin. La cohabitation des deux orthographes Bascianum/Bassianum, pour la ville de Basciano, est par ailleurs attestée jusqu'à l'an 1100. Elle l'est aussi pour certains noms d'homme nommés par écrit Bascianus ou Bassianus, selon l'époque, les auteurs ou les transcripteurs.
Là où le suffixe latin -anum servît à forger de nombreux noms de lieux de peuplement, principalement dans le sud de la France et dans le nord de l'Italie, à l'instar des villes actuelles de Perpignan, Draguignan, Bassan... un nombre aussi important de nouveaux lieux de peuplement furent créés, dans le reste de la France, sur le suffixe gallo-romain équivalent, -acum. Celui ci ayant donné par exemple les villes de Bergerac, Merdrignac, Jarnac, Cadillac, Cognac, Chirac... Les suffixes -anum et -acum servaient à forger des noms de domaines agricoles, au départ, parfois viticoles.
Comme de nombreux toponymes, Basciano est ainsi typique des colonies romaines du premier millénaire, fondées principalement dans la péninsule italienne, dans le sud de la France, en Helvétie, voire plus parcimonieusement sur le reste du vaste territoire d'influence romaine de l'époque. Un certain nombre de villes en France, fondées à l'époque gallo-romaine, ont d'ailleurs pour étymologie commune le Bass(i)us/-anum ou Bass(i)us/-acum, tels Beyssenac, Beyssac dans le centre France, ou encore Bassas, Bassan, près de Perpignan voire même Bachy dans le nord de la France...
Commune de Basciano, Teramo.
Le territoire de la Commune de Basciano, en Italie, fût peuplé dès les âges de bronze et de fer, comme le démontre les restes de traces d'une culture apparue à la fin du néolithique. En effet, sur le rivage droit du fleuve Vomano, dans la localité de San Rustico, ont été découverts les restes de nécropoles avec des nombreuses tombes, ornées de riches outils et de parures de bronze et de fer. Dans la même zone, à l'époque romaine, fut construit Vicus, un important centre d'échanges commerciaux situé le long de la rivière Salaria.
Les creusements effectués ont montré des zones habitées, avec des fondations de maisons, des colonnes d'un temple et de nombreuses inscriptions. C'est à l'époque romaine qu'il faut remonter pour trouver, probablement, l'origine du nom, quoiqu'il soit intéressant de signaler la légende locale qui voudrait que les origines du nom puissent avoir un lien avec la présence des Arabes dans cette zone, comme le suggèrerait la reproduction sur les armes communales d'un Sarazin barbu. Autour de l'an 1000, Bassiano, orthographié ainsi, apparaît comme propriété de l'évêque Pietro et aux alentours de 1150, elle figure comme appartenant à Oderisio de Collepietro. Durant le XIIIème siècle le domaine féodale de Basciano se fragmente et sont répertoriés comme propriétaires les Acquaviva, englobant le territoire de la baronnie des Atri, en 1538, suite à une permutation, le domaine féodale de Basciano passe à la région de Brancie, donc aux De Scorciatis, aux Avellone et finalement aux Barrer-Caracciolo.
Pendant l'occupation française, au début de l'année 1800, la zone fut le théâtre de nombreuses batailles et violences de toutes sortes. Basciano fut un des premiers pays de la province à recevoir, en 1843, des Monte Pecuniario, un institut qui concédait des prêts aux agriculteurs. Le chef-lieu aujourd'hui est partiellement entouré d'anciens remparts, avec une porte d'accès au centre historique d'origine surmonté d'une tour avec horloge et il se présente avec les caractéristiques d'un bourg médiéval, à proximité du palais du baron qui fut la propriété de la famille Barrer-Caracciolo, aujourd'hui appartenant à la famille De Filippini.
Basciano, village de Toscane dans la province de Siène
The village of Basciano belongs to the municipality of Monteriggioni, in the province of Siena, region Toscana.
Autres toponymes
Il existe une Via di Basciano à Florence en Toscane et une Via Petro Basciano à Trapani. Les toponymes suivants sont aussi attestés, [5510] Basciano, (VAGLIA, FI), [5520] Basciano, (MONTERIGGIONI, SI), [5530] Basciano, Baciano di Camaldoli, (BIBBIENA, AR), [5540] Basciano, (PONTASSIEVE, FI)
Autres noms de lieux ayant une étymologie similaire.